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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 15:19



Telle sera la question qui devrait être posée à chacun des français dans les mois à venir. Eric Besson, Ministre de l'immigration, de l'identité nationale et du développement solidaire l'a annoncé, hier soir au micro du "Grand Jury RTL-Le Monde-LCI" puis aujourd'hui, plus officiellement, dans un communiqué de presse. Ce grand débat réunira les "forces vives de la nation", du 2 Novembre prochain au 28 février 2010.

A peine cette annonce faite, de nombreuses critiques ont déjà été émises, allant du Front national ou Parti socialiste. La première série de critiques, la plus partagée, vise la date choisie pour un tel débat, autrement dit, l'aube des élections régionales. Le parti majoritaire se servirait de cette question centrale de la dernière campagne présidentielle pour fédérer son électorat en vue d'obtenir de bons résultats dans la désignation de nos nouveaux conseillers régionaux.

La seconde concerne davantage l'autre sujet principal de ce débat, à savoir l'immigration. En effet, dans le communiqué cité plus haut, le ministre annonce son intention de joindre à ce grand débat, la question de l'apport de l'immigration à l'identité nationale.

Pour ma part, il m'apparaît courageux de placer au coeur d'un programme gouvernemental que l'on sait vaste (au moins dans les discours), une question aussi centrale que celle de l'identité nationale. En revanche, j'ai, depuis l'annonce de la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, cette crainte que cette question ne se définisse que par rapport aux étrangers. Que la réponse officielle qui y soit finalement apportée compte davantage de relents nationalistes que patriotiques. Je fais ici référence à cette citation du Général de Gaulle, qui pourrait faire office de maxime voire d'axiome: "Le nationalisme, c'est la haine des autres, alors que le patriotisme, c'est l'amour des siens".

Autrement dit, comme au sujet d'un auteur ministériel à qui je reproche sa dualité fonctionnelle (il m'aurait paru plus opportun de confier l'identité nationale au ministère de l'intérieur voire au Premier Ministre, et l'immigration à un secrétariat d'Etat), j'émets des réserves quant à la bonne tenue de ce débat. L'unique question de l'immigration risquant d'heurter les sensibilités, notamment associatives (SOS Racisme et autres...), et de cristalliser les vaines oppositions dogmatiques, je crains que cette grande consultation ne mène pas aux résultats escomptés.

Il existerait peut-être un moyen de faire vivre ce débat dans notre pays. Si une majorité de citoyens soucieux de se mettre autour de la table et de se poser sereinement la question du "qu'est-ce qu'être français aujourd'hui?" venait à se constituer, alors, cette consultation pourrait devenir un grand moment de citoyenneté. C'est dans cet état esprit que je participerai activement à ce débat.

L'autre écueil de cette consultation serait de la cantonner aux seules propositions d'ores et déja émises par le ministre dans son communiqué, ou reprenant deux rapports rédigés respectivement par le Haut Conseil à l'Intégration et des parlementaires.

Les propositions du ministre sont notamment les suivantes: l'obligation pour l'ensemble des jeunes français de chanter, au moins une fois par an, le cas échéant après une séance pédagogique sur ce thème, l'hymne national ; la proposition de cours d'instruction civique ouverts à tous dans les préfectures de départements ; la mise en place d'un contrat d'intégration républicaine (avec une exigence de niveau en langue française, et en connaissance des valeurs de la République) ; mise en oeuvre, sur la base du volontariat, d'un parrainage républicain ; ouverture aux parents des écoles dans lesquelles sont scolarisés leurs enfants ; la mise en place d'un contrat avec la Nation, passant par un entretien d'assimilition (langue française, connaissance des valeurs de la République) ; une cérémonie plus solennelle pour toute accession à la nationalité française ; enfin, la création d'une nouvelle voie d'accès à la nationalité française pour les personnes qui ont accompli des efforts exceptionnels d'intégration...

Sans discuter de l'utilité ou non de telles mesures, en quoi viennent-elles répondre à la question originelle du "qu'est-ce qu'être français, aujourd'hui"? J'ai peur que l'on ne mette encore une fois la charrue avant les boeufs et qu'au final le débat ne porte, un, que sur l'immigration, et deux, que sur ces propositions. Le débat aura-t-il donc vraiment lieu? Les vrais propositions ne pourraient-elles pas plutôt émaner de ces forces vives de la Nation que l'on invite à débattre, après avoir vraiment mis en exergue la crise profonde d'identité que traverse notre société?

En tout cas, et pour éviter tout faux débat, je vous invite, chers internautes, à commenter cet article en donnant vous aussi, brièvement ou non, votre réponse à cette question: qu'est ce qu'être français aujourd'hui? Je m'y adonnerai également dans quelques heures, le temps pour moi de formuler ma pensée.

Merci d'avance pour vos contributions.

Par Cédric PREVOT - Publié dans : Affaires Interieures - Communauté : Politique française
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