NB: L'article qui suit est une réponse à Jack Zeror, anonyme par moi connu qui a lui-même posté une réponse satirique à ma courte contribution sur l'identité nationale (Il n'a pas
commenté le pdf. mais seulement le texte l'accompagnant sur ce blog).
Article de Jack Zeror sur ce site: http://chroniques-de-l-atroce.over-blog.fr/article-pire-qu-un-village-la-france-est-une-guerre-de-clochers-et-ne-me-faites-pas-dire-minaret--44095538.html
Je tiens à prévenir mes lecteurs les plus assidus qu'il s'agit d'un texte dont le ton et la teneur ne leur seront pas forcément familiers et qui peut même paraître choquant en
certains passages si on le lit au premier degré. La pire erreur serait justement pour moi de s'offusquer pleinement contre cette satire et de ne pas y répondre, gardant à l'esprit cette
idée: "Il pense bien ce qu'il veut, il peut l'exprimer comme il le veut, nous ne boxons pas dans la même catégorie. Lui critique et fait rire ; moi je pense et j'agis". Seulement, si
un chroniqueur satirique prend le soin de tourner à la dérision l'un de vos propos, c'est bien parce qu'il en a trouvé l'utilité. Non pas que je sois une proie facile (bien qu'il le pense),
mais seulement trouve-t-on dans ces lignes commentées une part de vérité, des vérités qui dérangent, au point qu'elles dussent être tournées en dérision.
Alors, merci Monsieur Zeror d'en appeller à des en-têtes toutes desprogiennes et de flirter avec un ordurier tout célinien pour démontrer, si besoin est, combien certaines vérités vous dérangent.
Mon style sera moins humoristique que le vôtre, la rhétorique ne m'habitera toujours pas (inutile de vous rappeler que vous en usez bien mieux que moi), et la légèreté qui vous sied à merveille
ne sera toujours pas invitée au rendez-vous de la raison d'Etat, de la passion de la France et de l'amour de la République (seules hôtes de mes écrits et de mon engagement politiques).
Qu'il vous est dérangeant qu'en France nous osions poser la question de notre identité nationale.
Vous commencez par tourner à la dérision notre République, l'assimilant à une ouverture postérieure ou un poisson, lui reprochant son caractère cher et onéreux et lui
accolant un premier du nom très dynastique. Seriez vous un monarchiste piscivore ou sodomite désireux de payer moins d'impôts? Je ne savais pas tout ça de vous...
Vous en appelez par la suite "aux camarades" Dupond et Dupont Aignan (dont vous vous faites un plasir d'écorcher le nom) et à qui vous reprochez de vouloir être Nicolas à la place de Nicolas. Je
vous saurais gré M Zeror de bien vouloir un jour me présenter, ou au moins me parler, de ce Nicolas Dupond auquel vous faites référence. De la même manière, alors même que vous me
reprochez à tout va d'appartenir au camp de la droite en ayant adhéré à Debout La République, pourquoi leur accoler le terme de camarades (traditionnelle appellation des hommes de gauche)?
Est-ce de la sympathie de votre camp de gauche pour nos idées? Je vous en suis alors très reconnaissant, d'autant plus que s'ils prenaient la place de l'autre Nicolas, conformément
aux volontés que vous leurs prêtez, admettez que ce serait alors mieux pour tout le monde: pour la droite où vous me mettez et pour la gauche qui exprime par vous sa sympathie.
Vous vous adressez dans un troisième temps, "aux vilaines pines et aux vils pins". Le jeu de mot est osé, mais peut-on en attendre moins de vous? De plus, après avoir fait référence à une raie,
voilà que maintenant vous recherchez les vilaines pines. Le moins que l'on puisse dire est que vous êtes totalement désinhibé sexuellement, au point d'y faire appel dans vos écrits, mais pourquoi
appeler dans ce cas, les plus vilaines? Est ce votre sens de l'ouverture?
"Les outrecuideurs de tous bords" sont vos quatrièmes cibles. Mais M. Zeror, ne faut-il pas avoir une forte confiance en ses idées et en son bord politique pour supporter votre
sarcasme? Ce que vous analysez comme une outrecuidance n'est autre qu'un bouclier servant à se défendre contre votre humour dévastateur et flirtant avec la ligne jaune!
Vous vous adressez par la suite, - votre antienne est décidément bien longue -, aux gauchistes capitalistes et aux républicains gauchers refoulés. Qui sont les gauchistes capitalistes? Voilà une
antinomie surprenante! Et que dire alors des républicains gauchers refoulés? Feriez vous de la latéralité physique une prédétermination du bord politique? Etonnante considération!
Vos avant-derniers destinataires sont les immigreurs. Alors là, M. Zeror, je voudrais comprendre. Pourquoi placer les immigreurs dans un écrit plutôt assassin? Seriez vous favorables à une
certaine maîtrise de l'immigration en phase avec l'idée de M. Rocard, selon laquelle on ne peut pas accueillir toute la misère du monde? Avouez qu'il s'agit là d'une idée qui devient minoritaire
et même antithétique avec votre bord politique! Je serais curieux de vous lire à ce sujet de l'immigration.
Enfin votre derniere intention va aux "âmes aigries pas triotes ni honnêtes". Là encore, le jeu de mot est facile, mais ma question, qui sera reprise après, est celle ci, M. Zeror: tout
patriotisme relève-t-il d'une aigreur de l'âme et d'une malhonnêteté? Là encore, je serai curieux de vous lire.
Une fois cette longue et corrosive antienne achevée, vous nous annoncez votre contribution à nos "ébats sur l'hideuseté nationale". Il faut bien avouer qu'apparait seulement maintenant le fond,
sérieux celui-ci, de votre article: votre détestation profonde de la Nation française.
Heureusement, pour ne pas nous faire sauter au plafond, vous faites appel à votre humour, une nouvelle fois d'inspiration sexuelle, sur nos "ébats simulés" et prenez ensuite le soin d'informer le
lecteur que vous avez racheté du papier toilette pour bien indiquer combien vous conchiez la France, tant vous la détestez. Vous refusez qu'on en débatte, voyant dans nos réponses, tous bords
confondus, des "miasmeuses réponses" agrémentant le "nazional-débat". Le bandeau noir du fascisme agité à chaque fois que l'on évoque la Nation: le procédé n'est pas
nouveau, mais marche même depuis tellement longtemps, que j'aurais apprécié vous savoir plus original (d'autant que vous l'êtes).
Limiter ensuite l'enjeu de ce débat à la seule redéfinition du citoyen comme un consommateur (on y reviendra), ou un délateur est là encore un procédé pas nouveau: "Regardez ce qu'ils
veulent faire de nous! Ne jouons pas à ça!". Vous conchiez l'engagement politique autant que vous conchiez l'idée de Nation! Pour vous, jamais la sincérité n'a la droit d'apparaître dans ce
milieu. Vous me reprochez la ficelle du politicien pour décrédibiliser mon propos. Magnifique procédé rhétorique qui vous offre l'économie d'une plus poussée argumentation sur le fond. Mais
pourquoi, M. Zeror? Surtout lorsque l'on sait que vous êtes capable de tenir des propos censés et sincères sur le fond de ce débat...
De même, pourquoi sombrer dans la vulgarité en plaçant ma plume là où vous savez? Serait-ce de la facilité? Je vous remercie néanmoins pour l'éloquence et le style moins ampoulé.
Les synonymes que vous me proposez pour le terme "politiciennes" sont là encore révélateurs de votre état d'esprit. Vous me proposez dans un premier temps "policières". J'entends déja là votre
slogan préféré: "Etat partout, Police complice, Justice nulle part!" Don't act! Le second synonyme est plus interessant encore, "polichinelles", autrement dit "Personne ridicule, en qui l'on ne
peut placer sa confiance". Vous marquez bien là votre défiance pour la politique, et à certains égards, je vous comprends. Vous me donnez ainsi raison lorsque j'emploie le terme "politiciennes"
avec une connotation péjorative.
Politicien désigne une personne qui pratique la politique. Et vous savez la différence que je fais entre un politicien et un homme (ou une femme) politique. L'un la pratique tandis que l'autre la
vit. Je préfèrerai toujours être un militant en phase avec mes idées, qu'un élu verreux prêt à vendre père et mère pour arriver à ses fins. Voilà pourquoi j'emploie le terme politicien de manière
péjorative.
De même, gaussez-vous bien, M. Zeror! La synthèse que je me propose de rédiger n'est autre que dans la réponse et non dans la politique! Le républicanisme, le patriotisme, la citoyenneté sont des
valeurs et des idéaux qui se vivent de la manière la plus complète comme vous m'y invitez... Seule ma réponse était une synthèse, une synthèse que j'offre au public, que je vous offre à la
satire. Là encore, mon cher M. Zeror, pourquoi ce procès d'intention? Mais comme vous dites, passons...
Ai-je écrit "La France est un être humain"? En aucun cas, M. Zeror. J'ai écrit "le Français est un être humain", qui est un autre postulat s'ajoutant à "la France est un territoire". Je
pars de constats simples ; pourquoi les monter en épingles et les déformer pour en faire ainsi votre satire? Dès lors, permettez-moi de ne pas répondre à votre invitation à définir quel
être humain pourrait-être notre République mais laissez-moi plutôt relever votre volonté de copuler avec la Nation. Lourd paradoxe que votre remarque! Vous aimez à ce point la
France? Ou est-ce seulement là une enième marque de votre détestation profonde de notre patrie? J'opterai plutôt pour cette seconde option.
Vous n'appréciez pas l'idée de maison commune. A votre bon droit! Plus interessantes sont les raisons de votre opposition: votre agoraphobie plaide à coup sûr pour vous! En revanche, vous
assignez aux 65 millions de français, une majorité de "cons". Je vous laisse seul maître de cette allégation. Mais admettez M. Zeror, qu'il est plus facile d'opposer les membres d'une société les
uns contre les autres que de les rassembler, autour d'un projet collectif et ambitieux. La chose publique, la res publica, nous assigne pourtant de rechercher constamment le plus large et plus
forte adhésion confiante chez nos concitoyens. Il y avait donc dans cette expression de maison commune une métaphore que votre esprit poétique n'a pas su lire. Là encore, vous me décevez M.
Zeror, d'autant plus qu'on enseigne la poésie au cycle 3!
Mais la véritable raison de cette lecture non métaphorique de ma phrase sur la maison n'est-elle pas votre volonté de ne pas voir s'appliquer à la société ce que vous qualifiez de belles
valeurs intra-familiales d'affection filiale et d'amour fraternel? Vous semblez en effet vous contenter sinon vous satisfaire, des dérives communautaristes, stérilement polémistes et
procédurières de la chose publique. Là réside notre principale opposition M. Zeror: pendant que je me battrai pour rassember coûte que coûte autour d'une idée synthétique du rassemblement des
français, vous chercherez toujours à maintenir les élements de division servant un individualisme nihiliste et à certains égards libertaire.
Et à cet endroit du texte, on peut relire votre tentative de diabolisation des patriotes. Suis-je une tête rasée à batte bleue-blanc-rouges? Vous savez bien que non. Pourtant je vous le dis, M.
Zeror, et vous le savez aussi bien que moi, je suis patriote. Et non, je ne vous ferai pas le privilège de tomber dans votre piège de la surenchère "Ô France, je t'aime". C'est dans les actes que
je la chérirai, c'est par mon engagement, c'est par mes propositions, c'est par le rêve que j'en fais, l'espoir que je lui porte, le destin que je lui vois, que j'aimerai mon pays. N'en déplaise
au reproche démagogique que vous faites à cette dernière expression (j'y reviendrai), je l'assume! Et non, en ce qui me concerne, il ne s'agit pas d'un énième terrain de jeu nécessaire à ma
gloriole, j'aime la France, je l'assume, je m'engage! Tant pis pour la naïveté que vous prêtez dès lors à ma jeune personne et tant pis pour les dégâts collatéraux que cet amour de la
France allant de paire avec une défense de notre culture ont pu récemment provoquer! J'aime la France, je m'engage dès lors à son service, et je l'assume!
Je comprends parfaitement que vous que ne trouviez rien de génial dans notre peuple et notre culture tant vous ne trouvez déjà rien de bon dans l'homme (en témoigne l'épitaphe de
votre weblog). Je partage, je dois vous l'avouer, votre analyse sur l'importance plus grande laissée de nos jours à l'avoir plutôt qu'au savoir. Vous le dites de manière très corrosive, et
puisque nous nous rejoignons sur ce point, je ne vais pas vous contredire.
Seulement, l'un d'entre nous, pour l'occasion vous, s'en gausse, et se satisfait de cette situation où l'homme répond à la futilité d'un consumiérisme outrancier et mondialisé qui réduit le
citoyen à sa seule qualité de consommateur. Cela vous conforte dans votre détestation du genre humain autant que de la Nation. A l'opposé, un autre, c'est à dire moi, s'attèle à lutter
contre ce sytème où l'économie a pris le pas sur la politique, et où la consommation est devenue synonyme de citoyenneté. Il faut remettre notre économie à l'échelle de l'Homme, au service de
l'humanité, et dès lors, respecter les travailleurs, non seulement à l'occasion des délocalisations que vous avez raison de critiquer, mais aussi en tout temps de leur métier, avec des réformes
tels que les trois tiers (participation et interessement), ou encore la sécurité professionnelle.
Votre formule corrigée s'en tient à la situation actuelle ; la mienne retrace, comme bien précisé dans le texte originel, l'essence de notre identité nationale. Nous ne nous
plaçons donc pas sur le même registre.
Vous n'appréciez pas ma conclusion; elle vous paraît toute faite, démagogique et politicienne. Je ne tomberai pas dans le piège de la justification que vous attendez tant, du pourquoi j'en rêve,
du qu'est ce que j'espère pour elle, du quel destin je lui vois. Ce rêve, cet espoir, ce destin constituent une seule et même réalité personnelle que j'assume.
Tout ce que j'ai écrit, pour les raisons que j'ai exprimées ci avant, et les autres que je pourrais encore exprimer si la synthèse nécessaire à tout article ne m'imposait pas d'arrêter cette
réponse à cette phrase, JE L'ASSUME!
Vos réactions?