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Et si tu parlais de mon blog?

Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /2009 23:03



Il existait déjà un conflit entre les internautes et une partie de la classe politique (celle des plus assujettis aux chimères des grandes majors de l'industrie du disque), ça a donné Hadopi. Il y a eu Hadopi 1 puis Hadopi 2. On pensait alors la hache de guerre (provisoirement) enterrée. Or, depuis quelques jours, un autre affrontement plus fourbe semble opposer les mêmes utilisateurs d'Internet à une nouvelle coalition de fortune formée par quelques élus et plusieurs grands éditorialistes de quotidiens nationaux. Pris de vitesse, certains médias reprocheraient à Internet, et en particulier à la blogosphère, de constituer une menace pour l'information.

La raison de cette inquiétude des ténors de la presse est double:

- A defaut de garantie sur les sources des sites et autres blogs personnels et/ou alternatifs, les informations développées sur ces supports seraient moins pertinentes que dans nos journaux.

- De plus, le contenu des blogs et autres sites n'étant pas soumis à la même exigence déontologique que nos journaux, les informations ne seraient pas traités de la même manière.

Mais pourquoi donc? Il est bien entendu que si la déontologie devait se résumer à une réelle bienpensance, devenue censure positive, par la lettre d'articles galvodés, de pensées passant alors pour totalement politiquement incorrectes, - alors, oui! -, cette déontologie ne sera jamais mienne, à commencer sur ce blog.

Personnellement, je vois le journalisme comme l'analyse d'informations brutes associée aux relais d'opinions publiques, et accompagnée, au possible, de chroniques, et autres contributions de type éditorial, à la condition qu'elles soient autant d'expressions d'esprits libres garantissant, à chaque occasion, une avancée des débats d'idées faisant vivre notre démocratie. Mais lorqu'un journal prend la défense de tel ou tel personnalité ou idée politique et hurle à la dérive tentaculaire des nouveaux monstres internautes, il y a de quoi réagir. Tel qu'il ressort des mots de certains éditorialistes, l'internaute serait devenu un adepte de "la chasse à l'homme du dimanche" tirant à chacune de ses nouvelles contributions sur la toile, un coup de fusil contre la victime politique de la semaine, désignée par ses pairs médiatiques.

Est-ce, pour autant de la faute des internautes, si notre Ministre de la Culture soutient un cinéaste, répondant au nom de Roman Polanski et poursuivi dans une affaire de moeurs? Il faudrait soutenir l'illustre réalisateur américain au motif que ce qui lui est reproché remonte à plus de trente ans et que la victime posait nue dans des journaux?

Est ce toujours de la faute de ces internautes, si ce même ministre, auteur quatre ans plus tôt d'une Mauvaise Vie, reconnaît avoir eu recours au commerce thaïlandais de jeunes hommes (dont l'âge reste indéterminé), plus communément appelé tourisme sexuel? Faudrait-il là encore passer ça sous silence au motif que c'est un responsable du Front National a fait naître la polémique?

Est-ce enfin toujours de la faute de ces internautes, si le Président de la République, décide de placer son fils cadet Jean, à la tête de l'EPAD? On ne devrait là encore ne rien dire parce que ce bien nommé Jean Sarkozy tirerait prétendumment sa légitimité pour la direction du premier quatier d'affaires européen, de son élection au suffrage universel direct comme conseiller général de Neuilly-Sud?

La liste va s'arrêter là, mais elle pourrait remonter plus loin, et continuera sans doute encore... Est-ce vraiment de la faute des internautes si l'actualité mêlant people, politique, et maintenant médias, offre ce spectacle appelant le peuple, les citoyens, dont les internautes relaient modestement les opinions plus ou moins divergentes ou convergentes, selon les cas, à une sorte de vigilance républicaine passant à la fois par une liberté de ton mais également par une responsabilité collective?

Si le mode de dévolution du pouvoir reste inchangé dans nos démocraties et demeure l'élection, la communication change et se veut plus transparente, plus directe, et plus interactive grâce à Internet. Après l'industrie du disque en matière économique, c'est au tour des milieux politiques et médiatiques de découvrir qu'une nouvelle ère s'ouvre avec Internet: celle d'un pouvoir où les interactions entre élus et citoyens, élus et peuple, demeurent à ce paroxysme que l'on peut estimer atteindre dans quelques années, ce qu'il conviendra alors d'appeler la démocratie interactive. 

Source de l'image: http://www.mspixel.fr/images/presse.jpg


Par Cédric PREVOT
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Commentaires

Dans le même genre de citoyenneté via internet, vous devez sans doute connaitre ce site : http://www.nosdeputes.fr/ ... une très bonne initiative.
Commentaire n°1 posté par Marie le 21/10/2009 à 15h14
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