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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /2009 13:07

C'est à la veille de moments comme celui que je vais vivre ce week end (les universités de rentrée de DLR) que l'on sent les vacances terminées. Classés au rang idyllique des souvenirs, les plages, le soleil, et les filles. Bonjour tristesse, pression et stress du boulot. Et pour ce qui est de la politique (ce mot a-t-il d'ailleurs encore un sens de nos jours?), il faut bien dire que nous avons connu rentrée plus facile: vouloir faire de la politique (dans un sens qu'il nous faudra nous aussi redéfinir) en ce moment, c'est comme vouloir dépoussiérer un désert.

Mais qu'à cela ne tienne!

Tant qu'il existera encore de nombreux français qui ne connaissent pas l'existence même de notre jeune parti, de nos idées, de nos compagnons, et notre président fondateur, il nous faudra continuer!

Tant qu'il existera encore dans ce pays de nombreuses marques de sympathie et d'adhésion de plus en plus grande à nos actions locales menées par nos élus, et à nos propositions concrètes, il nous faudra continuer!

Tant qu'il existera enfin dans ce pays, un tel état de délitement de la vie, de l'action et de l'engagement politique...

Où la gauche nous ressert la litanie des chefs sur fond de vieilles querelles, de soupçons de fraudes, et de flou doctrinal

Où la droite ne se résume plus qu'à un parti monolithique où les courants et les idées divergentes de celles du chef ne deviennent plus que des caillous collés à la base du grand rocher élyséen, avalant Matignon (pour envoyer Fillon à Bruxelles), ruinant la rue de Solferino (plaçant Rocard à l'emprunt, Strauss-Kahn au FMI, Lang à la tête de comités, Jospin à la même table que le Président) puis attirant le bleu azur vendéen des villieristes et des chasseurs

Où le centre navigue à vue, cherchant des amis par simple intérêt électoraliste, Bayrou se découvrant des sensibilités de gauche, lui le giscardien de toujours

Et où les extrêmes demeurent encore et toujours des voies sans issue, utilisant les peurs sociales pour les uns plus rouges, ou sécuritaires, pour les autres plus bleus, pour bâtir des programmes tout simplement dangereux pour notre pays.

Il nous faudra continuer!

Doit-on pour autant se réjouir de l'état dans lequel se trouve nos adversaires politiques? Non bien sûr, parce que nonobstant nos divergences de points de vue politiques sur de nombreux sujets, c'est l'image même de l'engagement politique que ces responsables sont en train de détériorer.

Depuis que je porte en moi cette envie de m'engager politiquement, j'ai toujours connu cette défiance plus ou moins générale vis-à-vis du monde politique. Mais ce qui se passe en ce moment est beaucoup plus grave, il y a dans le pays un sentiment de dégoût, d'incompréhension, de rejet, ce que décrit très bien Dominique de Villepin en parlant "d'état pré-révolutionnaire".

C'est donc avec beaucoup de gravité et de responsabilité qu'il faut que l'on aborde cette rentrée et les prochaines échéances à venir.

La première échéance électorale de DLR a été les élections européennes de juin dernier. Confronté à l'omerta médiatique, nous avons tout de même réussi à convaincre près de 300000 électeurs parmi ceux qui ont bien voulu se déplacer.

La prochaine échéance qui s'annonce, ce sont les élections régionales de mars 2010. La question est: DLR doit-il etre présent à ces élections régionales?

Nous en discuterons ce week end ainsi que dans les semaines a venir, tout ce que je vais donc dire là n'engage pas DLR, mais mon seul nom.

Sur fond de réforme de l'organisation territoriale française, un mouvement qui se réclame de l'héritage gaulliste, ne peut d'une part se taire dans un tel débat public, et d'autre part etre absent de telles élections locales.

Je crois également qu'il faut appliquer à l'échelon local (ici régional) un petit peu l'esprit de notre politique nationale initiée par notre président fondateur, Nicolas Dupont Aignan.

Il faut être cohérent (ne pas faire des projets mirobolants si on sait pertinemment qu'on ne pourra pas les financer), volontariste (centrer le programme sur des priorités clairement définies en amont), transparent (dire ce que l'on fera, ce que l'on fait, surtout du point de vue financier et fiscal), et emporter le plus que possible l'adhésion confiante de ses concitoyens.

Nos projets régionaux, bien que résumant la diversité de nos territoires, devront être conjugués au niveau national autour de grands axes de campagne, surtout ceux accompagnant ou critiquant la réforme en cours.

En termes très généraux, il faut que la réforme de l'organisation territoriale française ne soit pas une fois de plus un rendez-vous manqué (à l'instar de "la taxe carbone"), devenant davantage une "pochette suprise" pleine d'arbitrages politiciens plus qu'une révision générale de nos politiques publiques locales.

Le jacobinisme historique doit rester le garant de l'unité de notre République mais il doit également être éclairé par la diversité de nos territoires gouvernant des principes plus décentralisateurs.

La solution demeure peut-être dans la conjuguaison plus forte qui doit se faire entre la déconcentration et la décentralisation. Le plan doit revenir au goût du jour pour assurer à tous nos territoires un aménagement et une attractivité dignes des exigences, notamment environnementales du XXIème siècle.

Il ne faut pas non plus tout vouloir révolutionner du jour au lendemain. Notre organisation territoriale complexe est l'héritage d'une Histoire et de légitimités successives dont il faut bien se souvenir.

Les communes, dont le nombre est sans cesse critiqué par nos voisins européens, rassemblent (de manière fortement résumée) les paroisses d'Ancien Régime. Elles portent en elles la légitimité la plus historique qui soit.

Les départements, création révolutionnaire en réaction aux provinces d'Ancien Régime, portent en eux une légitimité plus républicaine, fruit de la révolution de 1789. Ils sont l'archétype même de l'oeuvre jacobine.

Les régions enfin, de création plus récente, portent en elle une légitimité plus politique (leur nombre réduits leur assurant une plus grande efficacité), plus tournée vers l'économie, et enfin plus européenne (l'Europe ne travaille en effet qu'à partir de la sacro-sainte Europe des régions). On peut à ce titre se demander si l'Europe n'exerce pas une pression sur nos autorités nationales pour obtenir un modèle unique européen d'organisation territoriale.

Outre ces trois grandes grandes collectivités locales qui démontrent bien la complexité de l'Histoire et de ces légitimités, on peut y ajouter les problématiques des cantons communautés de communes et autres...

Il faut donc réformer, c'est une nécessité, mais en ayant toujours à l'esprit que nos territoires sont diversifiés et ont chacun une histoire ainsi qu'une identité différente, au sein d'une République dont l'unité doit demeurer une gageure de tous les jours.

Clarification des compétences, Respect combiné de la diversité des territoires et de l'unité de la République, Renouvellement du Plan, voilà quelles pourraient être les pistes de réflexion...

Vous le voyez, l'année s'annonce chargée. Mais dans tous les cas, selon moi, il faut que notre mouvement soit présent, d'une manière ou d'une autre, aux élections régionales, pour avoir une tribune quant à cette ambition que nous portons aussi pour nos terroirs, mais aussi pour se faire connaitre partout, tout simplement.

Pour conclure ce premier long article de rentrée, je veux dire une chose envoyée en forme de missive adressée à Nicolas Dupont Aignan et à tout ceux qui l'accompagnent. Notre combat politique est magnifique. Il réunit dans cet esprit de compagnonnage des hommes et des femmes de tous âges venus de tous horizons. Mais ce qui nous rassemble est encore plus fort. Il existe dans le coeur chacun d'entre nous une part d'intimement lié à notre pays. Ce sentiment dont le Général de Gaulle parle si bien dans les premières lignes de l'Appel, premier tome de ses Mémoires de Guerres. Et quoiqu'on en dise, réussir à toucher ce sentiment là chez ses compagnons, et a fortiori chez quelques-uns de ses concitoyens doit nous conduire à toujours agir avec plus de responsabilité, parce que l'heure est grave et que les français n'en peuvent plus t'attendre, cumulant les déceptions.

Ponsard écrit: "La vertu, c'est la persévérance après le sacrifice". Mes chers amis, le sacrifice ne fait que commencer... Soyons vertueux... 

Par Cédric PREVOT - Publié dans : Affaires Interieures
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